PROPOS

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# TLONTL To like or not to like

Transmedia Ados et réseaux sociaux

L’INFLUENCE DE LA VIE « VIRTUELLE » des ado­les­cents sur leur vie réelle

Au point de départ de notre réflexion, plu­sieurs constats :

  • À un âge où la construc­tion de la per­son­na­li­té dépend plus que jamais du regard de l’autre, l’importance de leur « exis­tence » sur les réseaux est pri­mor­diale pour les ados. Elle est le baro­mètre de leur popu­la­ri­té, à l’aune duquel ils mesurent la recon­nais­sance sociale dont ils jouissent (ou non), et qui influence leur sen­ti­ment d’existence et de puissance.
  • Si les sel­fies et les posts doivent paraitre sin­cères, ils n’en sont pas moins une mise en scène de soi qui va sou­vent jusqu’au masque (pseu­do, filtres…)
  • Les réseaux sociaux per­mettent de faire com­mu­nau­té mais peuvent aus­si deve­nir une arme de des­truc­tion redou­table (har­cè­le­ment, comptes ficha…)
  • Le réseau idéa­lise sou­vent les ren­contres en tenant la vie réelle à dis­tance, exa­cer­bant un phé­no­mène dont la lit­té­ra­ture est friande (Cyra­no…)

Force est de consta­ter que ces ques­tions de repré­sen­ta­tion sociale, popu­la­ri­té, lyn­chage, amour vir­tuel, ou encore de coming out sur les réseaux exa­cerbent les sen­sa­tions bien concrètes liées aux muta­tions phy­siques et émo­tion­nelles des adolescents.

Cita­tion peut etre pas nécessaire ?

 « Les ado­les­cents sont des mutants cor­po­rels, sou­mis au deuil du corps infan­tile avec la néces­si­té de faire sien un corps nou­veau, impré­vi­sible, incon­trô­lable, et bien sou­vent non conforme au corps rêvé. Ce corps en muta­tion bou­le­verse inévi­ta­ble­ment la sen­si­bi­li­té au monde, à autrui et à soi-même. Com­ment dire le sen­sible quand l’interface cor­po­relle avec le monde devient une ins­tance si instable, si sur­pre­nante, si étrangère ?»

(Article : L’adolescence ou les inter­mit­tences du corps par Ivan Darrault-Harris)

REMETTRE AU CENTRE LA QUESTION DU CORPS 

La ques­tion des réseaux chez les ado­les­cents révèle un sujet bien plus vaste que celui du numé­rique et de son utilisation.

Le sujet cen­tral de #TLONTL, c’est le rap­port au corps : le corps fan­tas­mé, le corps caché, les fron­tières phy­siques qui se créent et le besoin d’être tou­ché, la décou­verte de la sexua­li­té, la peur d’être reje­té, la sen­sa­tion d’être étran­ger à ce qu’on est en train de deve­nir, de ne pas être celui ou celle qu’on avait ima­gi­né, la crainte ne pas cor­res­pondre à la norme, ne pas être « vali­dé » par les autres,  et aus­si les sen­sa­tions de toute puis­sance et d’extrême fai­blesse, les conduites dan­ge­reuses pour éprou­ver la valeur de la vie et se sen­tir vivant.

Pour reprendre la méta­phore du com­plexe du homard de Dol­to, les com­men­taires sur les réseaux et les phé­no­mènes numé­riques de groupe peuvent lais­ser sur le corps et l’esprit des ado­les­cents des traces aus­si indé­lé­biles que des cica­trices. Et c’est de cela dont le pro­jet #TLONTL vou­drait parler.